Editorial: L’interprofessionnalité, une nécessité pour préparer l’avenir

La mission d’une haute école est de former des professionnels qui répondent aux besoins de la société d’aujourd’hui et de demain. Pour ce faire, il faut avoir un esprit visionnaire et précéder l’évolution des métiers.

A peine quatre ans après avoir mis sur pied conjointement le Centre interprofessionnel de simulation (CIS), c’est dans cet esprit que la Haute école de santé et la Faculté de médecine ont décidé en 2018 de décloisonner leurs formations pré-graduées, en mettant leurs étudiantes et étudiants en situation de suivre des cours et de travailler ensemble pendant une semaine.

L’intégration de l’interprofessionnalité dans les curricula des différentes professions de la santé est une première en Suisse. Elle permet aux futurs professionnels de partager des valeurs, d’acquérir une même représentation des enjeux de notre système de santé, de mieux saisir le rôle de l’autre, davantage se comprendre et se respecter, de communiquer et partager de l’information. En bref, c’est l’apprentissage d’une collaboration efficace et d’un travail d’équipe performant.

L’acquisition d’un savoir-faire collaboratif est une nécessité absolue. Non seulement, elle améliore la qualité des soins et la sécurité des patients, mais elle accompagne les mutations inéluctables de notre système de santé, notamment celles découlant d’une nouvelle organisation de la prise en charge, due au vieillissement de la population, à l’augmentation des maladies chroniques, à la pénurie de personnel ou encore à la croissance des coûts de la santé.

L’interprofessionnalité est aussi étroitement liée à la révolution numérique qui touche le secteur de la santé. Le travail collaboratif génère des besoins nouveaux qui touchent aux outils de communication entre les différents acteurs du système, ainsi qu’au partage sécurisé de données sur les patients.

A l’inverse, la transformation digitale et l’ère du big data induisent une médecine plus préventive, prédictive, personnalisée et participative qui, à son tour, demande de la part des professionnels des capacités à coordonner, communiquer, partager l’information et de réfléchir ensemble à des pratiques innovantes.

L’interprofessionnalité est donc au cœur de la stratégie de formation de la Haute école de santé et de la Faculté de médecine. Elle exige une collaboration étroite entre les deux hautes écoles qui a pu s’opérer grâce à des femmes et des hommes qui ont la même clairvoyance sur les enjeux de notre système de santé. Ces personnes préparent l’avenir proche et les prémisses d’une Faculté de santé regroupant la formation de tous les futurs professionnels du secteur.

François Abbé-Decarroux

Directeur général de la HES-SO Genève

Le CiS, un centre conjoint

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