Quelles formations pour une montée en compétences des techniciens en simulation ?

Au fil des rencontres et conférences sur le sujet, le groupe des techniciens en simulation de la Société Francophone de Simulation en Santé (SoFraSimS) a ressenti le besoin impérieux de visualiser clairement les enjeux et attentes de sa communauté de pratique.

Pour ce faire elle a mené une enquête en ligne auprès de 42 centres francophones référencés en Suisse, France, Belgique et au Québec. Dans les 26 centres ayant répondu, le poste de technicien en simulation est bien individualisé et différencié du poste d’enseignant. Tous ces centres réalisent plus de 1500 heures de formation par an, réparties en simulations sur simulateurs, avec patients standardisés, jeux de rôles et simulations numériques. Trois quart d’entre eux ont déclaré des activités de recherche auxquelles le technicien prend part. Le poste de technicien est le deuxième poste de dépense salariale après celui d’enseignant en simulation.

L’enquête nous a permis de montrer que les compétences « techniques » jugées les plus utiles et nécessaires à l’activité de simulation sont celles inhérentes à :

  • L’audiovisuel
  • La programmation des simulateurs patients informatisés.

La première compétence est un vrai challenge quand on sait que prêt de 58% des techniciens sont issus des filières médicales et paramédicales. La programmation des simulateurs quant à elle semble plus accessible car spécifiquement développée pour un usage « friendly » par les fabricants.

Mais le point le plus critique de cette enquête reste que, 10 ans après la création de la plupart des centres de simulation, 61% des techniciens n’ont jamais suivi de formation spécifique à l’emploi. En fait ce métier n’existe pas encore formellement (tout au moins dans les pays francophones) alors que ce poste est jugé comme central, faisant le lien entre les domaines techniques et pédagogiques, tout en garantissant une réassurance organisationnelle et technique plébiscitée unanimement par les équipes enseignantes. A cela s’ajoute des compétences en lien avec le management et la promotion académique demandées dans certains centres.

Il est donc nécessaire et urgent de formaliser une fiche de poste, peut être des postes car le métier est pluriel, et de proposer une formation modulaire afin de garantir une adéquation entre l’offre et la demande et surtout mettre un terme au mythe du mouton à cinq pattes qui définit le technicien en simulation actuellement et qui ne peut perdurer au vu des enjeux présents et futurs.

Les travaux menés actuellement dans les pays francophones et sous l’égide de la SoFraSimS seront rendus publics dans les mois à venir.

 

Grégory CARDOT, Technicien en Simulation du Centre Interprofessionnel de Simulation.

Responsable du groupe des techniciens en simulation de la Société Francophone de Simulation en Santé (SoFraSimS)

 

Le CiS, un centre conjoint

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